La législation relative aux réfrigérants porte ses fruits: les émissions d'équivalent CO2 devraient continuer à diminuer dans l'UE

Une nouvelle étude conduite par les instituts de recherche français ARMINES / ERIE révèle que les émissions d'équivalent CO2 provenant des équipements de réfrigération, de climatisation et des pompes à chaleur ont baissé de plus de 13 % depuis 1990 et devraient continuer à baisser au cours des 20 prochaines années.

 

Les réglementations sur les substances appauvrissant la couche d'ozone et les gaz fluorés s'avèrent finalement payantes : malgré une banque de réfrigérants qui a doublé au cours de ces 10 dernières années, les émissions d'équivalents CO2 ont déjà enregistré une baisse substantielle de plus de 13 %. Pour les 20 ans à venir, l'étude prévoit une nouvelle réduction des émissions comprise entre 15 % et 60 %, tout en supposant que le marché connaîtra une croissance continue.

 

L'étude, commandée par l'association industrielle EPEE, se penche sur deux scénarios pour l'avenir : D'un côté, le « scénario f gaz », qui s'appuie sur la mise en œuvre intégrale de la réglementation sur les gaz fluorés associée aux tendances actuelles du marché. De l'autre côté, le scénario « f gaz plus », qui prend en compte une introduction plus agressive des réfrigérants à plus faible PRG.

 

Les résultats montrent clairement que le principe de confinement de la réglementation sur les gaz fluorés a déjà commencé à porter ses fruits. Le « scénario f gaz plus » illustre la capacité potentielle de l'industrie à aller encore plus loin. Outre l'introduction de réfrigérants à plus faible PRG, plusieurs autres facteurs clés contribuent à l'obtention de réductions des émissions, comme l'amélioration des taux d'émission, la réduction des charges de réfrigérants et l'augmentation des volumes récupérés dans les équipements contenant des fluides réfrigérants arrivés en fin de vie.

 

Andrea Voigt, la directrice générale d'EPEE, explique : « les résultats de l'étude ARMINES/ERIE montrent qu'en cas de mise en œuvre intégrale de la réglementation de l'UE sur les gaz fluorés, la réduction des émissions en 2030 dépassera même les prévisions de la Commission de près de 15 %. En réduisant la quantité de réfrigérants HFC en circulation sur le marché par l'intermédiaire d'un schéma de réduction progressive reposant sur leur contenu en équivalents CO2 (phase-down), les émissions diminueront davantage. Cependant, il faut comprendre que l'utilisation de réfrigérants à plus faible PRG peut nécessiter une réévaluation de leurs conséquences en matière de sécurité, étant donné que la plupart des alternatives sont moyennent à extrêmement inflammables, ce qui exclut leur utilisation dans certaines applications. Le réfrigérant parfait n'existe pas. »

 

Tout en s'accordant sur les effets positifs d'un schéma de réduction progressive réaliste et équilibré (phase-down), l'EPEE explique très clairement qu'aucun sacrifice ne devra être fait en termes d'efficacité énergétique, de sécurité et d'abordabilité des solutions futures. Tandis que les gaz fluorés ne sont responsables que de 1,8 % des émissions de gaz à effet de serre dans l'UE des 27, le CO2 représente plus de 80 % et provient pour une grande part de la consommation énergétique. Toute interdiction de réfrigérants ou limitation de PRG pourraient donc s'avérer contreproductives en entraînant une augmentation de la consommation énergétique et donc des émissions.

 

L'étude ARMINES / ERIE a été commandée dans l'objectif de définir la réduction maximale réalisable de la demande de réfrigérants et des émissions issues des équipements de réfrigération, de climatisation et des pompes à chaleur d'ici 2030. Elle peut servir de base à l'établissement de modèles fiables de « phase-down » au sein de l'UE. L'EPEE invite la Commission européenne à considérer ces données comme base pour une décision politique solide en ce qui concerne la révision de la réglementation sur les gaz fluorés.

www.epeeglobal.org

 

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